Lettre ouverte à Bernard Rappaz

Cher Bernard Rappaz,

Vous êtes libre, je vous félicite. Autant vous le dire, ce seront là les seules félicitations que vous obtiendrez de ma part. Car pour le reste, vous représentez tout ce que l’honnête citoyen honnit, tout ce que la justice a de faille, et vous vous en servez de bon coeur, mais à tort.

De notre point de vue, citoyens, vous êtes un peu notre Dr Hyde. Vous êtes la partie sauvage et indomptée de l’être humain. Vous êtes notre inconscient collectif. Ne vous y méprenez pas, nous ne vous envions pas ; au contraire de vous, nous ne cherchons pas à nuire, à dealer et à être, de ce fait, indignes. Nous croyons aux lois du travail et de la déontologie, pour autant nous ne cherchons pas être des parangons de vertus. Vous êtes non seulement mauvais, indigne, mais en plus vous vous exposez. Vous mettez à jour votre inefficacité et vos vices, à quoi bon ? Cela ne rendra pas votre quête plus juste.

D’un point de vue juridique, vous exercez un odieux chantage ; sur la pauvre ministre d’une part, celle qui vous a justement condamné, et que vous condamnez en retour par l’imbécillité de votre action à des jours pénibles et aux travaux forcés. Nul doute que ces efforts supplémentaires prétéritent d’autres dossiers plus importants, ceux d’honnêtes gens en attente d’un jugement ou d’une décision de loi.

Non content d’exceller dans l’art du chantage, vous prenez l’entier de la Romandie en otage. Doit-il mourir ou vivre en prison, se demande-t-on ? Choix cornélien, qui n’en est finalement pas un. Si vous viviez au Etats-Unis, je pourrais vous soutenir, car les prisons américaines sont des lieux dont on ne ressort pas, ou les pieds devant. Mais nous sommes en Suisse, et comme vous le savez, dans ce pays il vaut mieux être en prison que clochard. Paradoxe que vous ne semblez pourtant pas avoir saisi. Alors je tiens à vous le dire, je fais partie des personnes qui rêvent de voir triompher la justice, même si vous devez mourir. Pour l’instant, vous bénéficiez encore de l’attente d’un jugement qui viendra, je l’espère, confirmer la sentence première. Vous n’aurez ainsi plus le choix ; vivre emprisonné ou mourir.

Si vous choisissez la première option, vous avez tout à gagner; le respect de vos pairs et votre rachat. Si vous choisissez de mourir, vous aurez tout perdu; la vie et votre dignité, car les martyrs meurent pour de nobles causes.

Bien à vous,
Jérôme Nicole

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